Articles et Références
L’Ithaka Hour, kezako?
A Ithaca, dans l’Etat de New York, près de 1500 boutiques et entreprises acceptent les « Ithaca Hours ». Il s’agit d’une monnaie locale ou complémentaire qui permet d’échanger biens et services produits localement.
Paul Glover, ancien publicitaire et journaliste souhaite réamorcer le commerce local par rapport aux dégâts provoqués par les grandes enseignes commerciales et les sociétés multinationales qui siphonnent l’épargne locale et partent la réinvestir ailleurs menaçant productions et emplois locaux.
Il décide alors de créer en 1991, une unité monétaire que l’on pourrait gagner et dépenser que dans la ville, l’ « Ithaca Hour ».
Principe :
L’Ithaca Hour vaut 10 dollars (salaire moyen horaire dans cette ville) et est donc échangeable contre produits ou services chez les participants. La particularité est que ce billet est non convertible de nouveau en dollars donc il ne peut y avoir de spéculations et le seul rôle de cette monnaie est de circuler localement et donc favoriser les échanges.
Aujourd’hui, les autorités favorisent ce système et le Conté a même annoncé que toute contrefaçon des Ithaca Hours serait punie de la même peine que pour la fabrication de faux dollars !
On estime aujourd’hui que l’équivalent de deux millions de dollars en « Ithaca Hours » circulent dans la ville. Ce succès est dû aux habitants, qui pourtant dans ce pays qui est berceau du capitalisme a su mettre en place un système économique et bancaire alternatif.
25 autres villes aux Etats-Unis dont Santa Fee (Nouveau Mexique) Waldo (Maine) ou Kingston (Canada) ont aussi créé le plus légalement du monde leur propre monnaie.
Source : www.ithacahours.com/french.html
La monnaie fondante- expérience réelle !
Non, il ne s’agit pas d’une crème glacée inventée par un banquier désabusé par sa propre condition d’honnête travailleur incompris. Le principe est en fait l’antithèse de la monnaie telle que nous la connaissons :
Celle que nous connaissons est représentée par une dénomination (£ $ € etc…) en papier qui sert de moyen de paiement mais également de monnaie de réserve qui rapporte donc des intérêts (plus ou moins !) pour celui qui sait l’économiser ou tout au moins placer ses investissements judicieusement.
Dans notre cas précis, la monnaie fondante perd lentement de sa valeur si elle n’est pas utilisée, ce qui a pour résultat une circulation accrue de celle-ci puisque elle est instinctivement dépensée en premier lieu.
Chez nos pragmatiques voisins Allemands, le Chiemgauer, initié par Christian Gelleri au travers d’une école Steiner en Bavière en 2002, est l’un des exemples pratiques le plus abouti à ce jour.
Toute personne, commerce ou association qui souhaite acheter ces bons d’émission reçoit un bonus qui s’élève à 3% de la somme nominale. Si par la suite un client souhaite convertir ses chiemgauer en euros, il s’acquitte alors de frais de change équivalent à 5%. La différence de 2% permet de couvrir les frais d’émission et de gérer le système. De plus, chaque trimestre, un timbre équivalent à 2% de la valeur faciale doit être collé sur le billet pour que celui-ci reste valable.
Une étude récente sur la circulation de cette monnaie fondante a révélé que les bons en Chiemgauer circulent en moyenne vingt fois par an contre trois fois et demie pour les euros. Le Chiemgauer crée donc presque six fois plus d’affaire et d’emploi que l’Euro !
Le Chiemgauer s’est récemment associé à un système local voisin, le Sterntaler. Ensemble, ils sont maintenant utilisés par 820 commerces et entreprises diverses. Dix succursales de banques locales sont émettrices de Chiemgauer.
Il est estimé que le chiffre d’affaire pour l’économie régionale est équivalent à 3 800 000 euros par an.
Alors, dubitatif ?
Si vous partez du principe que la monnaie est un système d’échange, un moyen de communication au même titre qu’une langue, ce qui fait sa valeur ou son acceptation n’est alors que la confiance que chaque individu veut bien lui accorder. La création d’une monnaie locale n’est alors qu’une convention à établir et à respecter pour favoriser dans la pratique les échanges locaux. Il s’agit donc d’un bien commun qui doit être gérer pour le bien commun par tous et ne peut être approprié par quiconque.
L’intérêt n’est pas de concurrencer l’euro mais justement de compléter les lacunes d’un système qui prétend gérer seul le mode de vie de plus de 300 millions d’européens pour encourager le développement de l’économie locale et donc maintenir la cohésion du tissu sociale.
JFM
www.chiemgauer.info